La philosophie
Écrit par Christian Lars, le 15 avril 2011.
Nature et finalité de cette discipline, les programmes officiels, livres utilisés au lycée, conseils pour se préparer et tirer profit de cet enseignement au long de l'année et par la suite, sites utiles. Nature de la philosophieL'enseignement de la philosophie s'adresse en France à tous les élèves des classes Terminales. Etymologiquement, le mot philosophie signifie "amour de la sagesse", ce qui traditionnellement signifie avant tout une prise de conscience des limites du savoir humain et le désir de les dépasser. La philosophie n'est donc pas avant tout un savoir mais une attitude critique et réfléchie vis-à-vis de ce que l'on sait et de ce que l'on croit savoir du monde qui nous entoure, de nous-mêmes, de ce qu'il faut faire ou non pour être libre, juste et heureux. Objectifs de cet enseignementAussi le principal objectif de cet enseignement est de "favoriser l’accès de chaque élève à l’exercice réfléchi du jugement, et de lui offrir une culture philosophique initiale." (cf. Instructions officielles). A la différence de la simple opinion qui le plus souvent est spontanée et irréfléchie, on apprend en philosophie à faire la part du vrai et du faux vis-à-vis des façons de penser toutes faites qui ont cours dans notre environnement. Il s'agit donc d'apprendre à "penser par soi-même", ce qui suppose une capacité de recul vis-à-vis de ses propres opinions qui n'est pas naturelle. Cela n'est donc pas contradictoire avec le fait d'acquérir une "culture philosophique", c'est-à-dire étudier des textes de philosophes du passé, au contraire car pour pouvoir réfléchir et prendre du recul par rapport à ses propres opinions, il faut pouvoir envisager d'autres façons de penser et de préférence des façons de penser rigoureuses. Penser par soi-même ne veut pas dire penser à partir de rien et seul mais être capable d'utiliser la matière qu'ont fourni les grands auteurs pour s'en servir comme instrument de compréhension personnelle. Un autre intérêt de cet enseignement est de permettre à l'élève arrivé en fin de parcours scolaire dans le secondaire de réfléchir sur les savoirs qu'il a acquis au cours de sa scolarité, que ce soit dans les domaines scientifiques, littéraires ou techniques, pour en envisager les tenants et les aboutissants, les relations et les limites. Ainsi peut se développer "l’aptitude à l’analyse, le goût des notions exactes et le sens de la responsabilité intellectuelle" qui offrent à l'élève les moyens d'argumenter ses positions après y avoir réfléchi sérieusement. Cet enseignement "contribue ainsi à former des esprits autonomes, avertis de la complexité du réel et capables de mettre en œuvre une conscience critique du monde contemporain". La philosophie a donc en ce sens un rôle essentiel à jouer dans la formation du citoyen, libre et capable de participer aux débats publics qui le concernent. LimitesIl ne peut cependant s'agir en une année d'étudier tous les philosophes, écoles philosophiques ou problèmes, même les plus importants, qui ont pu jalonner l'histoire de cette discipline. D'autre part, il est évident également que cet enseignement ne peut permettre de former le jugement critique, l'autonomie et la responsabilité intellectuelles sans que l'élève participe activement à la construction de son propre apprentissage, par une simple présence en cours, ce qui signifie qu'il doit accepter de faire les efforts requis pour acquérir ces compétences même si les sujets traités en cours ne sont pas toujours ceux qui l'auraient le plus intéressé spontanément. Aussi les programmes définissent de façon conventionnelle ce que les spécialistes de l'enseignement de cette discipline considèrent comme le plus important pour l'acquisition d'une culture philosophique. Les programmes officielsAinsi les programmes officiels sont composés dans toutes les séries de terminales de trois parties distinctes dont le professeur devra organiser la progression de façon cohérente : a) un ensemble de notions et de repères couvrant les questionnements et les moyens de les traiter jugés les plus importants en philosophie ; b) un ensemble d'auteurs privilégiés permettant l'examen des notions et repères précédents ; c) un apprentissage de la méthode de réflexion philosophique dans le cadre d'exercices comme la dissertation ou l'explication de texte dont l'élève devra faire preuve lors de l'épreuve du baccalauréat. Les notions dans les séries littéraires (8 heures par semaine, coefficient 7)
Les notions dans les séries économiques et sociales (4 heures par semaine, coefficient 4)
Les notions dans les séries scientifiques (3 à 4 heures par semaines, coefficient 3)
Les notions dans les séries techniques (2 heures par semaine, coefficient 2)
Les repèresDans les séries généralesAbsolu/relatif - Abstrait/concret - En acte/en puissance - Analyse/synthèse - Cause/fin - Contingent/nécessaire/possible - Croire/savoir - Essentiel/accidentel - Expliquer/comprendre - En fait/en droit - Formel/matériel - Genre/espèce/individu - Idéal/réel - Identité/égalité/différence - Intuitif/discursif - Légal/légitime - Médiat/immédiat - Objectif/subjectif - Obligation/contrainte - Origine/fondement - Persuader/convaincre - Ressemblance/analogie - Principe/conséquence - En théorie/en pratique - Transcendant/immanent - Universel/général/particulier/singulier Dans les séries techniquesAbsolu/relatif - Abstrait/concret - Cause/fin - Contingent/nécessaire/possible - Expliquer/comprendre - En fait/en droit - Identité/égalité/différence - Légal/légitime - Objectif/subjectif - Obligation/contrainte - Persuader/convaincre - Principe/conséquence - En théorie/en pratique - Universel/général/particulier/singulier Voir aussi : Le programme des séries générales Le programme des séries technologiques . Livres utilisés au lycéeSérie littéraire : Philosophie, Terminale L, sous la direction de Michel Delattre et Chantal Demonque, Editions Hatier. Séries scientifiques et économique : Philosophie, Terminale S et ES, sous la direction de Michel Delattre et Chantal Demonque, Editions Hatier. Séries techniques : Philo, Terminales STG, STI, STL, SMS, par Vladimir Biaggi et Guillaume Monsaingeon, Editions Nathan. Les épreuves du baccalauréatÉpreuves écritesDans les séries L, ES et S, trois sujets au choix sont proposés aux candidats, à traiter en quatre heures : deux dissertations et une étude de texte. La première dissertation porte directement et explicitement sur une des notions du programme : par exemple, "Qu'attendons-nous de la technique ?" mais cela ne dispense pas de faire intervenir les connaissances acquises dans l'étude d'autres notions, pertinentes pour ce sujet, en l'occurrence la justice, le droit, la liberté, le bonheur. La deuxième porte directement sur deux notions ou plus du programme et suppose une réflexion sur d'autres notions implicites, par exemple "L'action politique doit-elle être guidée par la connaissance de l'histoire ?" (notions pouvant ou devant intervenir dans le traitement du sujet : la politique, l'Etat, la société, la justice et le droit, le devoir, la vérité, la technique, la religion, la vérité, la liberté, le bonheur). Le troisième sujet est l'étude d'un texte d'un des philosophes de la liste du programme portant sur un problème pouvant se rapporter à une ou plusieurs notions du programme, par exemple un texte de Kant comparant loi éthique et loi géométrique visant à montrer que les lois morales peuvent être aussi rigoureuses qu'en géométrie à condition de mettre entre parenthèse la question de ce que peut faire effectivement un homme (Texte proposé au bac ES 2005). Chaque texte s'accompagne de la mention "La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question" , ce qui ne signifie pas que le candidat ne doit produire aucune connaissance pour que son travail soit acceptable, mais qu'il n'a pas nécessairement à présenter une connaissance précise de l'auteur dont on étudie le texte. Il doit en revanche utiliser ce qu'il a pu étudier concernant les notions de démonstration, de morale, de devoir, de liberté pour rendre compte du texte. S'il a étudié Kant pendant l'année, il ne devra surtout pas s'interdire d'utiliser ses connaissances pertinentes pour expliquer le texte mais s'il n'a étudié qu'Epictète, Hume et Nietzsche sur ces notions, il faudra qu'il s'en serve. L'essentiel est comme le dit la mention de rendre compte du problème, c'est-à-dire de montrer comment sur cette question différentes thèses peuvent être opposées et comment l'auteur se propose de dépasser cette opposition. Dans les séries STG, il y a aussi deux dissertations et une étude de texte à traiter en quatre heures. Les deux dissertations fonctionnent sur le même principe que pour les autres séries. L'étude de texte quant à elle s'accompagne dans ces séries de questions précises facilitant son étude. Une première question porte sur la compréhension générale du texte : "quels sont le problème, la thèse et le mode d'argumentation de l'auteur ?" Épreuves oralesLes élèves qui doivent se présenter à la session de rattrapage parce que leur moyenne se situe au dessous de 10 et au dessus de 8, peuvent choisir l'épreuve orale de philosophie pour rattraper des points en plus d'une deuxième discipline. Pour qu'il soit utile de choisir une discipline, il est préférable d'y avoir obtenu une mauvaise note car ce sont les points obtenus à l'oral en plus de la note écrite qui seront comptabilisés. Si un candidat a 20 points à rattraper en série ES et qu'il a eu 8 à l'écrit de philosophie et 9 en anglais, il faudra qu'il obtienne par exemple 11 en philosophie (3 x 4 = 12) et 12 en anglais (3 x 3 = 9) pour pouvoir faire suffisamment remonter sa moyenne. Il est presque à chaque fois nécessaire d'en passer par la philosophie dans les séries L quand on y a obtenu une mauvaise note, cela peut aussi être un bon choix dans les autres séries quand peu de points restent à totaliser pour parvenir à la moyenne alors qu'on se situe déjà autour de la moyenne dans les disciplines à fort coefficient. Dans la série littéraire, les candidats doivent se présenter à l'épreuve avec les deux oeuvres étudiées au cours de l'année, l'examinateur choisissant un extrait de texte à expliquer dans l'une de ces deux oeuvres. Le candidat doit faire alors la preuve qu'il a bien assimilé l'ensemble de l'oeuvre pour s'en servir de façon pertinente pour expliquer ledit extrait. Dans les séries scientifiques et économique et sociales, la démarche est la même à ceci près qu'il n'y a qu'une seule oeuvre à présenter. Dans les séries techniques, les candidats se présentent avec une série de textes courts choisis par leur professeur correspondant aux différentes notions du programme dont il devront montrer qu'ils ont bien assimilé l'étude qui en a été faite au cours de l'année et qu'ils sont capables d'en tirer les conséquences pour des questions de réflexion plus personnelles. Conseils pour bien préparer son année de philosophieLa première erreur commune à éviter serait de croire qu'en philosophie, il n'y a rien à apprendre sous prétexte que c'est avant tout une réflexion personnelle qu'on attend des élèves. Réfléchir ne dispense pas de se référer à des analyses d'autres auteurs, au contraire. L'élève ne doit pas utiliser des références pour se dispenser lui-même de réfléchir, mais pour élaborer par comparaison et mise en débat de ce que d'autres ont pu écrire un jugement réfléchi. Il faut donc apprendre régulièrement ses cours en les considérant comme instruments de réflexion et de culture générale qu'il sera toujours utile d'avoir sous la main quand il faudra traiter de questions s'y rapportant. Pour apprendre un cours de philosophie, une bonne méthode peut consister à le lire puis à se demander à quelles questions il répond si elles ne sont pas explicitement formulées, de les noter, puis de s'efforcer de restituer la réponse à chacune de ces questions sans regarder le cours. Ensuite, à retrouver sans les regarder lesdites questions puis les réponses qui y correspondent. S'il n'est pas question d'apprendre du mot-à-mot, mais plutôt de retenir avec ses propres formulations des idées, une attention particulière sera accordée aux différentes définitions possibles d'un concept donné car c'est elles qui sont à la base de la réflexion philosophique. En cours, il importe donc de prendre des notes suffisamment complètes pour que le raisonnement qui y correspond puisse ensuite être retrouvé sans difficulté. A la différence d'autres cours où l'essentiel consiste en un certain nombre d'informations que l'élève doit assimiler pour en faire une synthèse personnelle, il y a en philosophie des raisonnements d'ensemble dont il faut suivre attentivement les différentes étapes pour en saisir l'enchaînement. Cela demande un effort de concentration important qui est le passage obligé pour un apprentissage des différents modes de raisonnement pouvant intervenir en philosophie mais aussi dans d'autres domaines, politiques, éthiques, sociaux auxquels le futur citoyen sera appelé à participer. Quand on a du mal à suivre les différentes étapes de ce raisonnement, n'hésitez jamais à poser des questions, à demander de reformuler ou de donner des exemples même si le professeur vous sollicite régulièrement à cet égard. Participer à la vie du cours est toujours préférable à attendre passivement que les choses se passent car ainsi vous vous sentirez plus personnellement investi et donc plus facilement attentif en cours. Pour la préparation des exercices, notamment de dissertation et d'explication de texte, il convient bien sûr aussi de mettre en oeuvre ce qui a été étudié en cours, tant sur le plan de la méthode que des connaissances acquises sur le plan conceptuel, argumentatif ou problématique. Quand un exercice est donné à faire chez soi, il sera toujours préférable de commencer par esquisser une problématique selon la méthode et avec les références étudiées en cours, avant de chercher au CDI ou par Internet d'autres références permettant de préciser et d'approfondir la réflexion. Il est bien évident qu'il faut absolument éviter de recopier ce que vous trouverez comme corrigé du sujet ou d'un sujet avoisinnant : cela ne vous servirait pas à vous exercer à la réflexion philosophique et les professeurs savent très bien reconnaître un travail d'élève d'un corrigé disponible sur Internet ou un Annabac, d'autant qu'ils savent aussi accéder à Internet ! Un bon conseil enfin pour se familiariser avec la philosophie est de ne pas se contenter des cours et des exercices qui sont donnés : voyez les questions ou les notions du programme qui vous intéressent le plus, n'attendez pas qu'on en traite en cours pour lire ce qui s'en dit dans le livre, sur Internet ou dans les journaux et y réfléchir. N'hésitez pas à participer à des forums de philosophie assez sérieux comme ceux qui sont indiqués ci-dessous. Le portail Philosophie de l'encyclopédie libre Wikipédia : un ensemble assez riche d'informations sur la philosophie en général, dont certains articles peuvent parfois être à considérer avec recul critique car ils peuvent être écrits par n'importe qui mais dont les participants sont assez sérieux en général et qui de ce fait même n'encourage pas à une lecture simplement passive : si vous voyez des erreurs, parlez en dans la page de discussion de l'article ou corrigez les directement. Le site PhiloSophie de l'académie de Grenoble : volontairement accessible aux élèves de Terminale, il présente une foule d'informations et d'outils de réflexion utiles à la construction d'un jugement personnel, voir notamment la base de textes et le forum de ce site. Philautarchie : un forum sérieux mais ouvert et accessible aux débutants de bonne volonté - sachez cependant que d'une façon générale, il sera assez mal vu que vous vous présentiez sur un forum philosophique, celui-ci ou un autre, en vous contentant de demander que l'on vous donne un plan ou une problématique pour tel sujet de dissertation : venez avec de la matière par rapport à laquelle les autres intervenants pourront réagir. Et ne vous contentez pas de participer uniquement pour traiter de devoirs à faire à la maison, saisissez l'occasion pour parler librement de philosophie, sur des questions qui vous intéressent, avec des participants qui pourront vous apprendre des choses. Sites consacrés à un auteur particulier : Platon , Thomas d'Aquin , Spinoza , Kant , Schopenhauer , Nietzsche. Voir aussi les articles de Wikipédia sur les grands philosophes . |